A propos de ce linteau... La passion

Lorsque vous flânez dans les rues du village, et plus particulièrement « sur la place » arrêtez vous un instant devant la maison face à l’Atelier d’Annette.

Levez la tête, et vous pourrez lire dans la pierre toute la Passion du Christ.

C'est-à-dire de son arrestation, le Jeudi Saint jusqu’au vendredi saint 15 heures, avec un léger passage du troisième jour, jour de la résurrection, jour de Pâques.

Conçu comme un triptyque, avec pour centre une coupe, ayant pour pied le mat de la croix, mat vertical, qui monte vers le Père, vers les cieux, le linteau est chargé des images et des symboles représentant ce passage douloureux de la vie du Christ.

En partant de gauche à droite : Verticalement trois cubes, les dés : les soldats se sont partagés les vêtements de Jésus en les tirants aux sorts. (Jean 19, 24) Un visage, vraisemblablement celui de Sainte Véronique: Selon la tradition, elle aurait essuyé à l’aide d’un voile, la face du Christ lors de sa montée au calvaire. L’image de ce visage couvert de sueur et de sang serait resté imprimée sur le linge. Elle est la sainte patronne des photographes.

Sous ce visage 30 pièces d’argent versées par les grands prêtres à Judas pour leur avoir livré Jésus. Argent qu’il leurs restitua avant de se donner la mort par pendaison (Matthieu 26,14-16/27 3-10) Une timbale, un vase tendu à Jésus rempli de vin et parfumé de myrrhe. La myrrhe était un des présents apportées par les mages avec l’or (Symbole de la royauté) et l’encens (symbole de la divinité) (Marc 15 ,23) La partie centrale commence par trois petites cloches elle rappelle que le Christ expira à 3 heures (la neuvième heure dans l’Evangile, a compter de l’heure du lever du soleil). (Luc 23,44-46) Puis la coupe elle symbolise a elle seule la passion .Le jeudi soir dans les jardins de Gethsémani le Christ dira à son Père « si tu le veux éloigne de moi cette coupe » (Marc 14,36).

On peut aussi voir dans cette coupe celle avec laquelle Il instituera l’Eucharistie « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, versé pour vous » (Luc 22,20). Une branche d’Hysope sur laquelle on mit une éponge imbibée de vinaigre. On l’approcha de la bouche du Christ. (Jean 19,29-30) L’hysope dans la Bible est symbole de petitesse et de purification. A la suite on trouve la lance avec laquelle un des soldats perça le coté de Jésus, il en sortit de l’eau et du sang. (Jean 19,34) L’eau qui sort du coté du crucifié rappelle l’eau du baptême, le sang, l’eucharistie. Au dessus de la croix, la couronne d’épines que les soldats ont tressée et posée sur la tête de Jésus.(Marc 15,17) Sous cette couronne le marteau et les clous, les tenailles pour la descente de croix, ainsi que l’échelle .

Le fouet ou plus exactement le roseau que les soldats prirent pour lui frapper sur la tête. (Matthieu 27,30) pour le flageller (Matthieu 27,26) Perché sur la colonne du supplice, (fût large et court ; d’un peu plus de deux pieds de haut d’après Daniel Rops Jésus en son temps) le coq qui vient nous rappeler le reniement de l’apôtre Pierre. Jésus lui avait dit « avant que le coq ne chante tu m’auras renié trois fois ». (Matthieu 26,69-75)Le coq est symbole du jour nouveau, de la résurrection. La tunique sans couture tissée d’une seule pièce que, les gardes ont joué aux dés pour se l’approprier. (Jean 19, 23-24) Un flacon rempli d’aromates, celui que les femmes Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et Salomé avaient préparés pour oindre le corps du Christ. A leur arrivée le tombeau était vide : le Christ était ressuscité. (Marc 16,1-2) Le glaive il nous ramène au Jeudi Saint près du torrent du Cédron là ou il y avait un jardin .

Le Christ est arrêté par les gardes emmené par Judas Iscariote. Alors Simon Pierre qui portait un glaive le tira, frappa le serviteur du grand prêtre nommé Malchus, et lui trancha l’oreille droite. (Jean 18,1011) Jésus touchant l’oreille de Malchus le guérit. (Luc 22-51) Enfin la main de Pilate, Pilate que le Christ rencontrera deux fois .Un périple commencé chez le Sanhédrin, Pilate, le roi Hérode, puis Pilate. Personne ne voulant prendre la décision de déplaire au peuple c’est finalement celui-ci en choisissant de libérer Barrabas qui tranchera. Alors Pilate pris de l’eau et se lava les mains en présence de la foule en disant « je ne suis pas responsable de ce sang à vous de voir » (Matthieu)